ZAPI 3 : AMELIORATION DES CONDITIONS DE LA RÉPRESSION

| publié le 16 décembre 2001 |

Extrait du communique de presse de l’occupation de ZAPI 3 du 16 decembre 2001 à laquelle ont participé 150 personnes dont 50 sur le toit avec banderoles et fumigènes (plusieurs personnes en bas seront bléssés au cours de l’intervention policière) :

(...)A quelques centaines de mètres des aérogares, au bord des pistes pour faciliter les expulsions, Zapi 3 est construite par la branche immobilière du groupe ACCOR qui continue ainsi d’augmenter ses bénéfices sur l’enfermement des étrangers pauvres, de façon sans doute moins voyante que dans ses hôtels. L’Etat, ne se contentant plus des commissariats (Bobigny, Nanterre, Roissy, Choisy...), des écoles de police (comme à Vincennes), locaux de gendarmerie (comme au Mesnil-Amelot), étages entiers d’hôtels (Ibis à Roissy et autres), va prochainement ouvrir ici une nouvelle prison spéciale pour étrangers. Cette ouverture est rendue nécessaire par la multiplication des contrôles, le zèle et le haut rendement atteint par des fonctionnaires de police, mais aussi des PTT, de l’URSSAF, de la RATP, etc.

Après les scandales éclairés par les médias, un rapport parlementaire récent, dans la droite ligne des rapports sur les prisons, dénonce les conditions de rétention des étrangers. Les conditions dans lesquelles sont enfermés les étrangers sont inacceptables ? Non, c’est l’enfermement des étrangers qui est inacceptable.

Ce nouveau bâtiment d’environ 100 mètres de long qui peut accueillir 160 personnes sera ouvert à la fin du mois de janvier, soi-disant pour " offrir " de meilleures conditions de détention aux étrangers, en fait pour appliquer une politique toujours plus restrictive et répressive en matière de liberté de circulation.

En fait de conditions de type hôtelières prévues par la loi, nous avons pu constater qu’il ne s’agit que d’une nouvelle prison : cellules de 2 mètres sur 2, toilettes non fermées et aux extrémités des couloirs, cour de promenade de 4m2. La voie directe et réservée qui mène aux pistes est en cours de finition.

Qu’ils s’appellent prisons ou centres de rétention, nous exigeons la fermeture des lieux d’incarcération.

En janvier 2001, le ministère de l’Intérieur ouvre, en plein coeur de l’aéroport de Roissy, une nouvelle zone d’attente pour les étrangers refoulés à la frontière. Elle doit remplacer celle de l’hôtel Ibis, plusieurs fois dénoncée, par les média, les associations humanitaires et les associations de soutiens aux immigrés, comme surpeuplée et "inhumaine". Parce que nous considérons que le traitement des étrangers est directement induit par le choix politique du contrôle et de la répression de la main d’oeuvre immigrée, parce que nous pensons que expulsions et enfermements à visages humains sont une hypocrisie, nous avons manifesté contre ZAPI 3 avant son ouverture le 15 décembre 2000.

ZAPI 3 est aujourd’hui sous les feux de dénonciations multiples, allant d’associations de soutiens aux immigrés (le GISTI a déjà porté plainte contre X) jusqu’à un fonctionnaires du ministère de l’Intérieur qui témoigne en trois pages d’exactions commises contre les sans papiers par les fonctionnaires de la PAF (Police de l’Air et des Frontières). Ce qui se passe à Roissy, comme ce qui se passait à Ibis, comme ce qui se passe dans tous les lieux d’enfermement est effectivement inacceptable : refus d’enregistrement des demandes d’asile, placement en zone d’attente sans notification donc sans voies de recours, absence d’interprète, dépassement des délais, refus de soins, réveils impromptus pendant la nuit, violences qui frôlent chaque jour l’accident... Comme la mort de Sémira Adamu dans un centre fermé belge, ces actes ne sont ni des dérapages ni des bavures, ni un zèle particulier à certains policiers, ils participent d’une politique volontaire d’intimidation pour empêcher toutes résistance lors des expulsions. Face à cette situation, et malgré la difficulté de trouver dans ces lieux des formes d’action collective, les sans-papiers ont riposté par une grève de la faim (150 adultes) le 21 mars 2001. Leurs proches se mobilisent aussi pour alerter associations et média en étant présent sur les aéroport pour informer personnels et voyageurs.

La construction de ce centre ultra-moderne, répondant aux exigences du rapport Mermaz, ne fait que faciliter les exactions policières : comme toujours les améliorations des conditions de détentions servent à rationaliser et rendre plus efficace la répression de l’Etat. Tout est fait pour isoler et fragiliser les sans-papiers, enfermés au milieu de nulle part, loin de ceux qui peuvent venir les voir et les soutenir (le rapport Mermaz va jusqu’à prévoir que les jugements n’aient plus lieu dans les tribunaux des grandes instances mais au sein même des lieux de rétention.).

Au moment où commence la réorganisation des lieux d’enfermement pour étrangers, alors que le centre de Choisy le Roi va être fermé et remplacé par une nouvelle prison spéciale à Massy, il est plus qu’urgent de se rendre compte qu’il n’y a pas d’expulsions propres et de reprendre l’initiative.

Lutter contre ce qui se passe à ZAPI 3 et ailleurs, c’est se mobiliser, avec les sans-papiers en lutte, pour la fermeture de tous les lieux d’enfermement et pour la liberté de circulation et d’installation.

Nous appelons à un rassemblement dans le tribunal de Bobigny, où siègent les juges responsables du maintien en zone d’attente

 

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