TRIBUNE

Pourquoi des demandeurs d’asile lancent un Appel à coucher dehors ?

par exiles10 | publié le 11 juillet 2003 |

Plus de 15 000 demandeurs du statut de réfugié sont actuellement livrés à eux-mêmes en France. Ceux-là bénéficient pour la plupart d’une maigre allocation souvent versée avec retard. Quant aux demandeurs de l’asile territorial - 20 000 à 30 000 personnes -, ils n’ont droit à rien. Malgré quelques efforts récents, le gouvernement actuel ne s’est pas donné les moyens de proposer aux uns et aux autres un hébergement. Une grande partie d’entre eux se trouvent, de ce fait, à la rue. Tel serait aussi le cas des 130 Afghans, Kurdes irakiens et Iraniens qui ont, depuis plusieurs mois, élu domicile dans le square Alban-Satragne du Xème arrondissement de Paris, si un collectif de soutien de voisins, d’associations et de militants politiques n’avait décidé de leur offrir son concours.

Grâce à cet appui et à quelques manifestations publiques, les exilés du Xème arrondissement ont obtenu quelques faveurs fragiles et discrètes : la direction départementale des affaires sociales (DDAS) de Paris a reçu l’autorisation ministérielle de financer un hébergement en hôtels. Comme toute mesure d’exception, ces faveurs inavouées sont aléatoires et insuffisantes : une partie des exilés demeurent à la rue et, même ceux qui sont provisoirement logés, ne bénéficient d’aucune assistance pour les aider dans leurs démarches administratives compliquées et dans la rédaction de leur demande d’asile.

Avec leurs soutiens, les exilés du Xème arrondissement de Paris lancent un « Appel à coucher dehors « à leur côté le samedi 12 juillet 2003 à partir de 17 heures dans le jardin Villemin, près de la Gare de l’Est. Ils invitent les parisiens et tous ceux qui le voudront à dîner et à dormir avec eux en signe de protestation et de solidarité. Cette manifestation vise, à travers leur sort particulier, à exiger que le gouvernement prenne les mesures de financement qui s’imposent pour sortir le dispositif national d’accueil de tous les demandeurs d’asile de la faillite.

A Paris, l’Etat a, par exemple, accumulé une dette de 12 millions d’euros à l’égard du Centre d’action sociale protestant (CASP), dont 10 millions pour des hébergements en hôtels. A Marseille, les locaux du Service social des émigrants (SSAE) sont occupés par des familles qui, faute de financement, ne peuvent plus bénéficier d’un toit. Partout, le dispositif d’accueil des demandeurs d’asile s’effondre parce que le gouvernement s’abstient d’investir les moyens nécessaires à l’assistance des étrangers en quête d’une protection en France.

Cet abandon des pouvoirs publics s’insère, en France et en Europe, dans une politique générale de dissuasion en matière d’asile. En durcissant systématiquement les règles imposées aux demandeurs d’asile, les directives de Bruxelles comme la réforme française en cours de discussion devant le Parlement visent à émettre des signaux négatifs en direction des persécutés de façon à les convaincre d’aller se protéger ailleurs. La crise de l’hébergement des demandeurs d’asile n’est donc pas un simple incident financier. C’est un élément parmi beaucoup d’autres d’une volonté européenne et française d’offrir le moins de protection possible aux persécutés de la planète.

L’Appel à coucher dehors des exilés du Xème arrondissement de Paris a, de ce fait, une portée nationale et européenne. Il ne s’agit pas seulement d’une revendication humanitaire : sous la dénonciation du refus d’héberger est posée la question essentielle du droit à la protection des persécutés.

Amnesty International (France), Association des Tunisiens de France, Collectif de soutien aux exilés du Xème arrondissement de Paris, Droits devant !!

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