Pourquoi le CAE décide de quitter la préparation du campement de Rivesaltes

par cae | publié le 24 mai 2004 |

Les bases sur lesquelles nous avons décidé de participer au projet : Lorsque le Scalp nous a informé lors du FSL du projet d’un campement contre les centres de rétention à Rivesaltes et nous a invité à une première réunion de préparation début décembre, nous avons longuement débattu de l’intérêt de notre participation à cette initiative. Le projet nous semblait ambitieux, mais risqué. L’expérience de l’organisation du campement de Strasbourg nous avait montré que la dépense d’énergie était énorme pour ce genre d’initiative et les avis étaient partagé sur l’intérêt de la forme campement en elle-même. Un travail commun avec le Scalp-Paris, d’autre part, ne paraissait pas forcément facile au vue de l’histoire plus ou moins récente. Par ailleurs nous ne voulions pas prendre le risque de participer à une grande fête libertaro-autogestionnaire entre anar sous les fenêtres du centre de Rivesaltes : si l’intérêt de passer une année à organiser un tel événement est discutable en général, à Rivesaltes ce serait assurément indécent. En même temps, nous avions prévu depuis plusieurs mois d’essayer de lancer avec d’autres collectifs ailleurs en France une campagne contre les centres de rétentions, qui pouvait, si l’objectif politique du camp était bien cette question et qu’il était préparé par un travail local de fond, s’intégrer dans cette initiative et lui apporter peut-être une perspective plus durable. Nous avons décidé de participer à cette première réunion en faisant part à tous de nos réserves et des conditions auxquelles ce projet nous intéressait. Nous avons précisé d’une part que, pour nous, l’auto-organisation n’était pas un but mais un moyen d’être plus efficace dans les discussions et actions, d’autre part, que l’intérêt d’une telle initiative résidait à notre avis surtout dans la campagne suscitée par sa préparation,qui pouvait développer des pratiques locales tant autour des centres de rétentions que des autres questions de fond politiques dégagées collectivement au cours de la préparation, le campement lui-même pouvant dans cette perspective se nourrir de ces pratiques développées sur du plus ou moins long terme, sans s’en tenir à 10 jours de discussions sans passé ni avenir. Tous les participants savaient par ailleurs que nous nous organisions depuis longtemps sur la question des centres de rétention et participions à une campagne locale en cours contre la construction de celui de Palaiseau. Apprenant que le projet était prévu pour être organisé uniquement par des collectifs locaux sur le modèle du VAAG, contrairement à la préparation Strasbourg où chacun pouvait venir avec le mode d’organisation qu’il souhaitait (collectif local de préparation, collectif travaillant sur une question dans la durée, réseau...), nous avons joué le jeu sur Paris, ce qui semblait pourtant difficile et n’avait pas l’air de réjouir une partie des membres parisiens du Scalp (nous avons à plusieurs reprise proposé une discussion de fond sur les « différents » si souvent évoqués mais jamais explicités). Nous nous sommes dit que ce pouvait être l’occasion que se dégage à Paris la dynamique d’un travail commun un peu large sur une question précise, ce qui a depuis assez longtemps disparu. Nous n’avons jamais pour autant fait comme si nous étions des « individus » non organisé par ailleurs, le CAE ayant décidé d’être partie prenante de l’initiative. Notre participation était donc subordonnée au fait qu’un travail concret se dégage du collectif parisien ainsi que de la préparation du campement au niveau national

Les raisons de notre départ du collectif parisien de préparation : Au niveau parisien, aucune des initiatives que nous avons proposées n’a été suivie concernant les centres de rétention. Rien n’a été proposé d’ailleurs non plus sur d’autres questions. La campagne de préparation au campement semblait pour la plupart consister en une campagne d’information de l’existence du projet de campement, sans jamais toucher à aucune question de fond. Quand nous avons essayé à maintes reprises de mettre ce sujet en question et d’en débattre, les discussions n’ont rien donné, sans parler du soupçon latent que c’était une manière de vendre « notre soupe » et du reproche de bloquer avec ce questionnement sans intérêt la bonne marche du collectif. Nous avons constaté par ailleurs que nous étions en train de devenir les « spécialistes rétention » à qui on demandait textes techniques et renseignements quand c’était nécessaire, sans qu’aucun travail commun ne s’amorce. L’énergie que la participation à ces réunions nous demandait (il n’était pas toujours évident de savoir où et quand on se réunissait) est devenue de plus en plus pénible pour un intérêt de moins en moins flagrant. Voilà pourquoi nous avons décidé de quitter le collectif parisien de préparation à Rivesaltes pour nous consacrer plutôt à la campagne sur Palaiseau et à la campagne nationale contre les centres de rétention (l’aberration est déjà que la participation à ces campagnes paraisse contradictoire avec la préparation du campement...). Deux événements ayant suivi notre départ ont confirmé par l’absurde nos craintes sur ce statut de spécialiste d’une question nécessaire mais devenue annexe du campement :
-   le fait que, pour le 4 pages de préparation, un membre du collectif paris se désigne pour écrire le texte sur la rétention, pour ensuite demander au CAE de résumer un des articles de notre brochure...
-   la question de l’exposition photo pour laquelle une action qui n’a intéressé personne losqu’elle se préparait, devient un sujet incontournable lorsqu’il s’agit de montrer des photos de lutte contre les centres de rétention, toujours sans essayer de rencontrer les participants à l’action pour en discuter.

Au niveau national : Pour nous, la lutte contre les centres de rétention n’est pas une thématique parmi d’autres (cette année la rétention, l’an prochain, quoi d’autre ?), c’est une question que nous voulons participer à construire comme terrain de lutte. Nous n’avons trouvé dans la préparation parisienne à Rivesaltes aucun écho de cette volonté, ni aucun enrichissement dans d’autres directions (enfermement en général, lois sécuritaires, etc.). Parce qu’il nous semble de toutes façons trop tard pour que des objectifs concrets se construisent dans la durée, nous avons décidé de quitter la préparation au village Rivesaltes 2004.

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